Appel des Bonnets Rouges devant les Préfectures et sous-Préfectures de la Bretagne historique

Samedi 14 juin 2014

Bonjour à tous,

Que nous soyons artisans, agriculteurs, transporteurs, pêcheurs, chefs d’entreprise, salariés, chômeurs, étudiants, retraités, tout simplement citoyen Breton, nous sommes ici rassemblés devant les Préfectures et sous-Préfectures des 5 départements bretons, lieux du pouvoir et relais de la politique décidée à Paris par le gouvernement de Manuel Valls et du Président de la République François Hollande.

Nous ne voulons pas mourir. Nous ne voulons pas que notre Bretagne se meure. Nous avons l’énergie pour faire vivre nos territoires. Et pourtant, des entreprises ferment, d’autres sont en sursis, d’autres encore sont confrontées à des freins administratifs insurmontables. La liste est longue : Marine Harvest, Boutet Nicolas, Doux, Tilly-Sabco, Gad, Seita, sans compter les milliers d’entreprises artisanales ou individuelles…, dans le transport, le bâtiment, l’artisanat, l’automobile, l’électronique et bien d’autres TPE et PME qui maillent nos territoires.

Et que dire de l’agriculture et la pêche qui souffrent depuis trop longtemps et qui sont la colonne vertébrale de notre économie territoriale ?
Mais, le gouvernement reste sourd… malgré nos nombreuses mobilisations.

Ensemble, rappelons-nous :

Le 2 août 2013 : agriculteurs, transporteurs et salariés se mobilisaient déjà à Guiclan. Aujourd’hui, le nombre de portiques en Bretagne a fortement chuté…

Les 12, 19, 26 octobre : La fronde contre l’écotaxe, symbole du trop plein fiscal, prend de l’ampleur. La mesure a été suspendue mais elle n’est pas abandonnée à ce jour. Le gouvernement devait prendre sa décision pour la mi-juin. Nous y sommes ! Des derniers scénarios annoncés hier sur l’écotaxe : les Bretons ne seront pas dupes des manoeuvres du gouvernement. Restons vigilants ! Restons mobilisés !

Les Bonnets Rouges sont nés de cette fronde pour soutenir l’économie et l’emploi et par là même, l’avenir de nos enfants.

Les 2 novembre et 30 novembre 2013, deux grands rassemblements, à Quimper et Carhaix, ont rassemblé plus de 70 000 personnes. Ils ont fait connaître les revendications des besogneux, présentées sous la forme de 4 revendications faciles à comprendre :

¬ Maintenir la gratuité des routes en Bretagne et supprimer définitivement
l’écotaxe.
¬ En finir avec le dumping social et les distorsions de concurrence.
¬ Libérer les énergies et en finir avec des contraintes administratives insupportables.
¬ Relocaliser les décisions nous concernant.

Des revendications qui trouvent toute leur place dans une Bretagne forte à 5 départements.

En décembre puis en début d’année 2014, le Président et le gouvernement annoncent nombre de mesures : choc de simplification, suspension de l’écotaxe, pacte d’avenir pour la Bretagne, réforme de la fiscalité, pacte de responsabilité. Ce sont des effets papillons du mouvement des Bonnets Rouges ! Oui la mobilisation peut être payante ! Nous y reviendrons…

En décembre, janvier et février : entre plusieurs actions « sur les ponts », les comités locaux des Bonnets Rouges se sont constitués peu à peu. Ils ont recueilli les doléances des Bretonnes et Bretons, sur des milliers de cahiers de doléances.

Le 8 mars 2014 : les Etats Généraux de la Bretagne à Morlaix ont mis en évidence 11 revendications considérées comme essentielles par les Bretonnes et les Bretons. Le Collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne » a alors invité le Président de la République, à venir les écouter en Bretagne.

Mais, depuis le début de l’année, malgré les nombreuses annonces faites par le gouvernement que nous avons citées plus tôt, nos revendications n’ont pas trouvé de réponses concrètes. François Hollande et son gouvernement tentent-ils de nous enfumer ? Où sont les effets réels sur nos emplois et sur l’économie régionale ? Les réponses ne viennent pas ! Pire, nous sentons toujours plus de contraintes administratives peser sur nos épaules.
Artisans, agriculteurs, transporteurs, pêcheurs, chefs d’entreprise, salariés, chômeurs, Bretonnes et Bretons tout simplement, nous ne nous sentons toujours pas écoutés. TROP C’EST TROP ! RE ZO RE !

Le 4 avril : Fort de de l’élan des Bonnets Rouges, le Collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne » réaffirme officiellement par écrit et devant la presse sa demande de rencontre en Bretagne auprès du Président de la République. Le temps passe, les problèmes économiques, sociaux et institutionnels restent et les réponses ne viennent toujours pas.

Le 12 mai : Le Collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne » dénonce le mépris de la réponse du chef de cabinet du Président qui renvoie le dossier au premier Ministre et aux calendes grecques. Un nouveau courrier lui demande solennellement de venir écouter de vive voix nos revendications et propositions pour la Bretagne. Ce second courrier restera lettre morte. Nous nous sentons une fois de plus méprisés !

Le 2 juin : Alors qu’une réforme territoriale s’annonce, le gouvernement montre un nouvel exemple de déni face aux souhaits des populations. Il rejette la proposition d’une région Bretagne cohérente, forte économiquement et socialement, à 5 départements.

Aujourd’hui, nous sommes très nombreux devant l’ensemble des Préfectures et sous-Préfectures de la Bretagne historique ! Nous ne nous laisserons pas faire, nous sommes là pour nous faire entendre.

Que nous soyons salariés, artisans, agriculteurs, transporteurs, pêcheurs, chefs d’entreprise, chômeurs, étudiants, retraités, chômeurs, militants culturels, citoyens. Nous sommes ici pour refuser le déclin ! NON AU DECLIN !

Ne lâchons rien ! Nous sommes unis, toujours plus nombreux et solidaires. Nous voulons libérer les énergies pour redonner de l’emploi à nos territoires.

Aujourd’hui, c’est dans cet esprit que nous demandons à Monsieur/Madame le Préfet (sous-Préfet), représentant de l’Etat, de bien vouloir nous recevoir officiellement. Nous allons lui remettre les deux courriers adressés au Président de la République ainsi que les revendications et doléances des Bretonnes et Bretons.

Nous, les Bonnets Rouges, croyons fermement que la Bretagne a un avenir. Il est plus qu’urgent que le Président de la République vienne nous écouter et que le gouvernement donne des réponses concrètes et rapides à nos revendications.

Nous resterons ici devant les Préfectures et sous-Préfectures, symbole du pouvoir central parisien, tant que nous n’aurons pas eu une réponse précise sur la venue du Président de la République en Bretagne.

MERCI à tous pour votre mobilisation, d’hier, d’aujourd’hui et de demain !

Ensemble… Nous voulons vivre, décider et travailler en Bretagne ! Crions-le haut et fort !
Ensemble… Nous voulons vivre, décider et travailler en Bretagne !