Ar Bonedoù Ruz e Brec’h d’ar 15/02/2014 / Les Bonnets Rouges à Brec’h le 15/02/2014

Ar Bonedoù Ruz e Brec’h d’ar 15/02/2014
Les Bonnets Rouges à Brec’h le 15/02/2014

Ar Boenedou Ruz e Brec'h

Compte-rendus de la manifestation de Brec’h

Ronan du comité local des Bonnets Rouges de Fouesnant

Des membres du comité de Fouesnant étaient pour une première fois à une manifestation de ce type, nous n'étions pas tout à fait préparés à ça.
Des déviations ont énormément compliqué l'arrivée de manifestants. Maintenant nous saurons, il faut passer outre.
La plupart des médias ont été empêchés malgré les cartes de presse. D'où le peu de couverture médiatique. Pourtant les images sont assez fortes. Il y a eu à la fois des moments "chauds" et des moments de bonne humeur. Je trouve que c'est le média "7seizh" qui a couvert le mieux la journée de samedi : http://7seizh.info/2014/02/16/bonnets-rouges-de-colere-contre-lecotaxe-en-bretagne/
Autre chose, il faudra prévoir, pour ceux que ça intéresserait, masques étanches sur les yeux voir filtres respiratoires. Les gaz lacrymogènes étaient plus présents à l'arrière qu'à l'avant. Un portique = pas d'enfants, les familles sont reparties avec les premières échauffourées.

Si certains manifestants étaient là pour en découdre, c'était le cas aussi des forces de l'ordre. Les cas de défoulements gratuits de représentants de l'état ont été légions pendant cette journée. Ils ont largement participé à l'escalade.

En plus de la presse empêchée, des routes déviées puis fermées (beaucoup de manifestants n'ont pas pu rentrer sur le site, combien ? 40% ? 60 % ?), les réseaux téléphoniques ont été un moment coupés. Les rails de sécurité devaient être enlevés pour faciliter les manœuvres des camions, ça n'a pas été le cas. Un tir de flashball, ou plutôt sa version plus puissante à balle plus dure, a blessé un manifestant à la tête à moins de 5 mètres (au lieu d'une quarantaine), sans sommation, en tir tendu et dans la tête, pas beau à voir, pas beau à entendre quand il s'est fait recoudre, et totalement illégal. Les secours ont été empêchés de passer et ont du faire le tour, perdant 45 minutes. Avec une fracture crânienne et des dizaines de points de sutures, le manifestant s'en sort tout de même bien, il aurait pu perdre un oeil, voir la vie comme c'est déjà arrivé dans ce genre de cas.

Wolfgang, du comité du pays bigouden a témoigné. Passé à tabac, insulté et arrêté, il nous a donné son point de vue sur cette journée. Il a mis en accusation les forces de l'ordre, leur envie d'en découdre et de nuire à la manifestation. Voici témoignage médiatisé par Breizh info : http://www.breizh-info.com/8572/actualite-societale/brech-56-manifestant-tabasse-par-la-police-temoigne/

Information de dernière minute, après avoir téléphoné à un des organisateurs de la journée de Brec'h et membre du Comité BR de Lorient, les agriculteurs du Morbihan sont bien venus avec leurs tracteurs, sauf que tous les accès étaient interdits à partir de 9h30 pour les tracteurs. Contrairement à ce qu'on a dit, les paysans du Morbihan ne s'étaient pas dégonflés.

Nous étions environ un millier à l'apogée de la manifestation, Christian Troadec était au début d'un côté avec 150 manifestants, ils ont fini par rejoindre le reste l'autre côté de la voie express où était présent Thierry Merret. Les forces de l'ordre étaient plus de 1000.

4 manisfestants ont été mis en garde à vue, 3 sur les 4 ont été libérés le soir même sauf un malgré les promesses des forces de l'ordre. Dimanche, une manifestation d'une centaine de bonnets rouges s'est organisée devant la gendarmerie d'Auray. Jason a été libéré en soirée.

C'était une journée à la fois tendue et conviviale, il y a un bon esprit dans les bonnets rouges : aide des routiers pour amener et ramener tout le monde sur le lieu de la manifestation qui était à 7 km du lieu de RDV, humour, solidarité, les membres présents ont passé globalement une bonne journée, de plus il faisait beau. Brec'h signale à l'Etat central que le printemps des bonnets rouges commence. Et ce n'est pas les provocations du préfet, du ministre des transports et des forces de police qui entameront la détermination des bonnets rouges. Au contraire. Connaissant leurs méthodes, on essayera d'être meilleurs la prochaine fois, mieux préparés et mieux organisés.
Christophe du comité local des Bonnets Rouges de Lannion

Je suis allé à Brech samedi et j’ai été déçu de voir que la casse avait été prévue malgré les appels à la non violence. Pour ma part, je tractionne autour de moi pour donner l’image d’un mouvement populaire, démocratique et constructif… pas celui d’un petit groupe de casseurs excités que les médias vont montrer. Je sais que la casse permet d’être entendu mais je pense plus judicieux de rallier un maximum de personnes à notre cause avant toute chose. Faire de grands événements pacifiques dans lesquels monsieur et madame tout le monde puissent se reconnaître, tous les gens mesurés qui pourraient sans aucun doute vibrer avec nos valeurs et le fond de notre projet mais qui sont contre la violence par principe. Une fois convaincus que ce mouvement est bon et légitime (et se sentant impliqués), ces personnes (un grand nombre) n’auraient plus du tout la même réaction face à un refus d’écoute de la part de l’état. Ils seraient déjà impliqués et ce refus s’adresserait directement à leur ego, leur faisant ressentir leur appartenance au groupe. Dans ce contexte seulement, cette catégorie de la population pourrait continuer à nous suivre dans des actions musclées, ce qui aurait pour effet de nous renforcer et non de nous affaiblir, ce qui est le cas à l’heure actuelle.

Voici ce qui va rester :

Message médiatique : Une quarantaine de bonnets rouges casseur tentent d’incendier un portique (le raccourci sera facile avec les extrémistes des manifs anti mariage gay et compagnie)

Sur place : Des milliers d’automobilistes coincés dans des embouteillages monstrueux (il me semble que le dispositif de la gendarmerie était fait pour amplifier ce phénomène, en tout cas dans un endroit d’Auray)

Est-ce que ça va faire gonfler le volume des rangs le 8 mars ? Je suis persuadé du contraire.

Que voulons-nous ? Nous fédérer pour faire valoir un grand projet soutenu par le peuple dans une grande majorité, ou jouer avec un système pour voir comment il réagit et finalement permettre à quelques-uns seulement d’y trouver un intérêt ?

Rapprochons nous des jeunes qui maîtrisent et font des merveilles avec les réseaux sociaux, communiquons puissamment et démocratiquement avec les incroyables outils que nous offre ce siècle… prenons la machine et la problématique dans le bon sens et nous inaugurerons une nouvelle voie puissante comme une lame de fond. Nous devons être l’agrégation de milliers de petites particules mue par une même énergie.

À Brech, ça jouait à David contre Goliath et l’on sentait que tout le monde était heureux de se détester… tant mieux pour eux. Qu’on les laisse faire et ça continuera jusqu’à la fin des temps. Rares sont ceux qui parmi nous ne portent pas le deuil et la violence d’autres combats, l’histoire et les chiffres n’ont pas besoin de nous rappeler quelque chose qui nous habite. Et c’est pour cette raison que nous devons réserver cette violence au cas extrême où il n’y a plus d’autre solution pour défendre la liberté du peuple. Mais avant cela, il faut arriver à prouver l’évidence du peuple et de sa volonté majoritaire et démocratique. Que pourra faire Goliath face à un David qui n’est jamais face à lui mais se démultiplie tous les jours à distance grâce à son ordinateur ? Que pourra faire Notre Goliath démocratique quand David « puissance X » lui dira « je veux » en prenant le monde entier comme témoin ? Prenons conscience que tout est là, nous avons tout pour réussir, il faut juste le vouloir. Que voulons-nous ? Refuser ? Nous défouler ? Juste supprimer l’écotaxe ? Je suis persuadé que la majorité d’entre nous voulons plus. Notre peuple veut mettre en place une société réellement démocratique. Nous sommes ouverts d’esprit, intelligents et adaptables… tous à nos claviers qui nous rassembleront dans des salles puis dans des stades. Le lien est l’âme de notre culture, pourquoi aller se chercher à rebrousse-poil quand nous avons tout pour former une rivière, un fleuve, un océan ? Convainquons nos frères et sœurs de façon démocratique en expliquant ce qui ce passe et ce qui est possible, les alternatives, la liberté. Sur la toile, lors de conférences, dans des festivals engagés qui appelleront d’autres cousins plus éloignés encore… cessons de casser. Bâtissons ! Montrons une voie nouvelle, une voie bretonne !