L’État demande 37 563 euros à une Bonnet Rouge

L’État demande 37 563 euros à une Bonnet Rouge
Source : Comité des Bonnets Rouges de Fouesnant
Porte-parole:Yoran Embanner
Publié le 16/03/14 17:26
Source Agence Bretagne Presse

 

Fouesnant—Novembre 2013, après l’abattage du portique écotaxe de Pont de Buis, la Bretagne s’enflamme, «re’zo re» (trop c’est trop). C’est dans cette ambiance électrique que le 9 novembre 2013, un groupe d’environ 500 Bonnets rouges décide de s’en prendre au portique de Jugon-les-Lacs (22) sur la 4 voies RN176 (1). Les CRS étaient aussi au rendez-vous, ce qui fait que le portique est resté en place.

Samantha Prime

Un groupe de 4 Bonnets rouges avise un radar à 100m du portique et décide de lui faire son affaire en lui mettant le feu avec des pneus. Samantha Prime, une étudiante de 19 ans, manifestante arrivée là par hasard, remarque de suite que les incendiaires avaient fait leur feu du mauvais côté du vent. «Ben fais-le alors !» lui fut-il répondu, elle fit donc un autre feu de l’autre côté du radar.

Problème : les 4 incendiaires avaient pris leurs précautions, ils avaient le visage caché, pas Samantha ; or, parmi la trentaine de Bonnets rouges autour du radar, il y avait 2 policiers en civil. Là-dessus la machine judiciaire s’est emballée : 24H de garde à vue, comparution immédiate, avec avocat commis d’office (qui néanmoins lui a fait payer 600 € d’honoraires). Verdict : 90 € d’amende, 175 heures de travail d’intérêt général et 6 mois de prison avec sursis.

Les choses auraient pu s’arrêter là, et bien pas du tout, Paris a décidé de faire un exemple : Samantha Prime repasse au tribunal de grande instance de St-Malo le lundi 19 mai à 14H, l’état lui réclame la somme de 37 563.97 €, correspondant au prix du radar.

Certes, les Bonnets rouges actuels, mouvement constitué, n’approuvent pas la destruction des radars. Pour autant, ils ne peuvent admettre que Samantha serve de bouc émissaire, d’exemple pour Paris pour mater ces Bretons qui se lèvent pour dire leur ras-le-bol du centralisme parisien et qui réclament une liberté fondamentale : décider en Bretagne, en clair la démocratie de proximité.

Alors, la question n’est pas d’approuver ou non la destruction de radars mais de la placer tout simplement sur le plan humain. Va-t-on laisser une étudiante bretonne qui démarre à peine dans la vie, être condamnée à payer une somme faramineuse qui va la plomber pour toute sa vie ? Elle a besoin du soutien de toute la Bretagne, car à travers Samantha, ce sont tous les Bretons qui sont visés. Il est donc impératif de constituer partout des comités de soutien dont le but sera qu’on parle le plus possible de l’affaire «Samantha Prime», notamment dans les médias. Qu’il y ait le plus de monde possible devant le tribunal de Saint-Malo et Paris verra bien que Samantha n’est pas seule.

Deux possibilités s’offriront à Paris et seulement deux

1) Craignant de faire de Samantha une martyre, la victime expiatoire de la Bretagne rebelle, Paris calmera le jeu en mettant l’amende de 37 563.97 € en sursis.

2) Au contraire, juges et procureurs, fonctionnaires aux ordres de Paris, la condamneront à payer 37 563.97 € et les Bretons prendront cela comme une provocation de plus. Si Paris veut mettre de l’huile sur le feu, Samantha deviendra un symbole, celui d’une injustice d’état. Or, en Bretagne le sentiment d’injustice est très fort, alors advienne que pourra … à bon entendeur, salut !

(1) à ce moment-là les Bonnets rouges n’étaient pas un mouvement structuré avec des comités locaux, tout breton conscientisé était «Bonnet rouge».

PS : Pour les renseignements complémentaires, s’adresser directement à son nouvel avocat :
David Rajjou
mail : david.rajjou at orange.fr ■